Leïla Sebbar à Dijon

Les 11  et 12 décembre 2015, une centaine de Dijonnais ont pu écouter Leïla Sebbar et échanger avec elle après sa Conférence (« L’écriture comme terre de l’exil »),  à la lecture de ses textes par Leyla-Claire Rabih et Philippe Journo, ou lors de l’enregistrement de l’émission Bienvenue chez vous qui sera diffusée dimanche 3 janvier 2016 de 13h à 14h, rediffusée le vendredi de 13 h à 14 h sur Radio Cultures Dijon 100.0 FM :  ou en podcast  http://radio-cultures-dijon.com/category/podcasts/bienvenuechezvous/

Ce furent deux des belles Nuits d’Orient ! animées par Dalila Abidi, la Maison de la Méditerranée, la Nef (bibliothèque municipale) et le Grenier Neuf.

L’œuvre de Leïla Sebbar, ses romans et nouvelles comme ses essais sont marqués par l’Algérie, pays de son père et de son enfance, mais surtout par les exils, les siens comme ceux de ses personnages. Parmi ces « exils », il y a notamment celui de la langue évoqué dans son récit  Je ne parle pas la langue de mon père. Les personnages qui habitent  ses textes se situent au croisement des cultures, ils posent la question du métissage dans les sociétés occidentales. Outre les oeuvres qui, quel que soit le genre, nous interrogent sur la part de la terre natale et de la terre d’accueil dans la construction identitaire, Leïla Sebbar orchestre des ouvrages collectifs autour de thèmes liés à l’exil, à la nostalgie du pays d’enfance, à l’immigration…  L’oeuvre de Leïla Sebbar aborde la question de l’exil au-delà des frontières franco-algériennes, un exil tant géographique, linguistique que culturel auquel tout individu peut être confronté.

En décembre 2011, Leïla Sebbar était revenue à Dijon  pour introduire la série d’actions de la Maison de la Méditerranée sur « les Dijonnais d’aujourd’hui et l’Algérie de 1954 à 1962 »

 Leïla Sebbar nous a entrainés successivement vers Aflou, Djebel Amour puis dans ses Algéries en France au cimetière des Péjoces et la Nef (bibliothèque de Dijon) dans le cadre des Nuits d’OrientP1050093

 « Aflou, Djebel Amour » (éd. Bleu autour, 2010) rassemble des récits de Leïla Sebbar sur sa ville natale, ceux du Dijonnais Jean-Claude Gueneau qui y fut « appelé » en guerre, et de la conteuse Nora Aceval.

 Dans son «Journal de mes Algéries en France» (éd. Bleu autour, 2005), Leïla Sebbar tisse des liens qu’elle a commenté et enrichi au Cimetière des Péjoces où reposent des témoins de siècles d’Histoire de l’Algérie : soldats français et algériens, juifs d’Algérie, évêques de là-bas, …

En février 2005, dans le cadre du festival « Temps de parole » dont le thème était cette année-là « Où est mon pays ? », la bibliothèque de Quetigny recevait l’écrivaine Leïla Sebbar (et 90 participants) au lycée agricole de Quétigny, en collaboration avec la Maison de la Méditerranée qui animait la soirée et l’introduisait ainsi :

 OU EST MON PAYS ?
Pour la Maison de la Méditerranée, la question est plutôt : « où est mon pays compte tenu de ces traversées de la Méditerranée ? », traversées que plusieurs ici vivent ou ont vécu, dans la joie ou dans la douleur.

A certains , la question est souvent posée agressivement « quel est ton pays ? », comme une sommation.

Leïla Sebbar nous offre « Ses » « Algéries en France », elles nous dira si ce sont « ces pays » qui sont « ses » pays, si ce sont leurs liens qui sont « son pays ».

« Mes Algéries en France » est un livre, je n’ose pas dire un beau livre, car il est beau mais il fait réflèchir. Un carnet de voyage que nous effectuons avec vous, des personnes de rencontres, de rencontres approfondies, ces portraits qui illustrent la couverture qui « ont à voir » avec vous, vos parents, mais aussi avec nous, les vivants comme Zineddine, comme la mère de Benjamin Stora, les morts comme Maurice Audin, l’émir Abd-el-Kader, Isabelle Eberhardt, et puis ces lieux, ces rivières qui confluent, comme la Dronne qui alimente la Garonne mais qui rencontre le Chleff.

Avec du « temps de parole », prenons le temps que chacun se pose la question « Où est mon pays ? » et , à vous Leïla Sebbar, qui écrivez pour nous, comment vous posez vous cette question ?

Lien avec le site de Leïla Sebbar : http://clicnet.swarthmore.edu/leila_sebbar/ et http://www.leila-sebbar.fr/

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