Alphonse Daudet et l’Algérie

Le 1er décembre 2021, dans le cadre des Nuits d’Orient, la Maison de la Méditerranée accueillait Luc Thiébaut (qui a été son président jusqu’en 2016) pour une causerie étonnante. Étonnante parce que peu de gens savent que les contes d’Alphonse Daudet sont très marqués par l’Algérie.

Alphonse Daudet a d’abord lu Eugène Fromentin. Puis, à 21 ans, il a vécu 2 ou 3 mois en Algérie, notamment entre Alger et Orléansville (devenu El Asnam après l’indépendance puis Chlef après le terrible séisme de 1980) .

C’est dans « Tartarin de Tarascon » que l’on retrouve le plus l’influence de ce séjour et de ces lectures. Mais également dans les Lettres de mon Moulin (« Les sauterelles », « Les Oranges », « A Miliana »), dans les Contes du Lundi (« Le Mauvais Zouave », « Le Caravansérail », « Un Décoré du 15 Août », « Le Turco de la Commune ») et aussi dans des nouvelles comme « Kadour et Katel », « La Mule du Cadi », « Le Nabab », « Sapho » …

Au hasard de ces contes, Daudet donne sa vision de la hiérarchie coloniale, avec un racisme certain vis à vis des arabes (néanmoins certains personnages sont mis en valeur) et surtout vis à vis des juifs (sans aucun personnage qui échappe au rejet).

On voit aussi apparaître les Bohémiens, les Alsaciens (ceux qui sont arrivés avant 1870 et bien sûr ceux qui sont arrivés après). Les femmes y sont parfois ridiculisées, souvent dévalorisées.

Relisons Daudet avec cet éclairage !

28 personnes ont participé à la soirée. Merci à Luc pour cette présentation surprenante et haute en couleurs.